L'Église orthodoxe, aussi connue sous le nom d'Église des sept conciles ou Communion orthodoxe, est l'une des confessions du christianisme. Elle compte plus de 230 millions de fidèles dans le monde, ce qui en fait la troisième plus grande église chrétienne après l'Église catholique et l'ensemble des confessions protestantes.
L'Église orthodoxe consiste en une communion d'Églises autocéphales fondée sur les dogmes édictés par les sept premiers conciles œcuméniques chrétiens, sur le modèle de la Pentarchie. Le christianisme orthodoxe professe ainsi descendre directement des communautés fondées par les apôtres de Jésus dans les provinces orientales de l'Empire romain et être ce qu'il était avant la séparation des Églises d'Orient et d'Occident. Initialement au nombre de cinq patriarcats, puis quatre après la séparation avec l'Église de Rome, les Églises autocéphales devinrent de plus en plus nombreuses, principalement car l'Église de Constantinople reconnut de nouvelles Églises autocéphales dans les États orthodoxes émergents.
On dénombre aujourd'hui seize Églises autocéphales canoniques et dix-neuf Églises orthodoxes autonomes. S'y ajoutent des Églises orthodoxes indépendantes dites « non canoniques ».
L'Église orthodoxe s'est répandue dans le monde à travers la diaspora des communautés d'origine et par le biais de la conversion. Elle est principalement présente dans l'antique zone de culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la mer Méditerranée (Grèce, Chypre, Turquie, Syrie, Liban, Israël, Palestine, Jordanie, Arménie, Géorgie), dans les zones de peuplement slave (Russie, Ukraine, Biélorussie, Bulgarie, Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord), en Roumanie et Moldavie, mais aussi dans certaines zones excentrées, comme la péninsule d'Alaska.
L'« Église orthodoxe » (ou « Communion orthodoxe ») est le nom officiel d'un corps ecclésial fondé par les apôtres et organisé par les Pères de l'Église, leurs successeurs depuis les premiers temps du christianisme. L'instance suprême de cette communion est le concile œcuménique, seul habilité à décider des formulations dogmatiques. L'instance immédiatement inférieure est le synode des primats qui se réunit pour s'adresser aux autres communautés chrétiennes. Puis viennent les Églises autocéphales dirigées chacune par un synode présidé par le primat.
L'Église orthodoxe est l'ensemble des Églises des sept conciles qui se trouvent en communion les unes avec les autres. La communion est matérialisée de plusieurs manières et en particulier par la communauté eucharistique, la communion de foi et par les concélébrations des membres du clergé, par les diptyques et par l'ordre honorifique de chacune des Églises autocéphales. Cependant, elles ne sont pas indépendantes les unes des autres, même en l'absence voulue d'un chef terrestre absolu comme le pape et d'une administration centralisée comme le Vatican.
L'Église orthodoxe considère ne former qu'un seul Corps dont le chef n'est autre que le Christ lui-même, et c'est la communion de foi qui prévaut et rend inutile une administration commune.
Au début du XXIe siècle on dénombre environ 220 millions d'orthodoxes, soit environ 10% des chrétiens. La majorité d'entre eux (177 millions) vit en Europe de l'Est, dont plus de 110 millions en Russie.
Premiers schismes entre l'Orient et l'Occident
Les raisons de cette rupture progressive sont à chercher tant du côté des divergences doctrinales et liturgiques qui couvaient entre l'Église d'occident et celles d'orient depuis le VIIIe siècle, que du côté des rivalités politiques entre les États occidentaux qui commencent à s'affirmer, et l'Empire byzantin dont la puissance décline au XIIe siècle. Selon la plupart des auteurs, les premiers schismes, en 787 et 863, ont deux causes principales :
la diminution de l'influence de l'Empire romain d'Orient en Italie, au profit des Lombards, et le souci de la papauté de se concilier ces derniers, géographiquement plus proches ;
la divergence doctrinale au sujet du Saint-Esprit (Filioque, voir Schisme de Photius) : selon l'Église latine, celui-ci procède éternellement du Père et du Fils comme d'un seul Principe et par une seule spiration.
Du temps des dominations de l'Empire mongol jochides, la hiérarchie orthodoxe russe s'est montrée très conciliante ce qui lui a valu d'être protégée, avec de substantiels avantages financiers,fonciers et d'accéder au titre de tarkhan.
L'Église orthodoxe se comprend comme l'Église chrétienne des origines et revendique la succession apostolique ainsi que la catholicité (au sens d'« universalité »).
Succession apostolique des évêques
Pour les orthodoxes, l'épiscopat est le plus haut rang de la hiérarchie ecclésiastique : l'évêque possède la plénitude du sacerdoce chrétien, il est en cela une image du Christ, le seul grand prêtre et le seul sacrificateur de la Nouvelle Alliance. Chaque évêque est successeur de l'ensemble des douze apôtres et cette succession est matérialisée par la succession apostolique, par la consécration de tout évêque par d'autres évêques, eux-mêmes consacrés par des lignées d'évêques qui remontent, à travers les siècles, jusqu'à un apôtre.
L'Église orthodoxe ne confond pas cette tradition sacramentelle, inhérente à la dignité épiscopale, avec les différents usages honorifiques destinés à rappeler l'ancienneté et l'origine apostolique de telle ou telle Église particulière. On dit en effet que le pape de Rome ou celui d'Alexandrie sont successeurs respectivement de Pierre ou de Marc, que l'évêque d'Antioche est également successeur de Pierre : ce sont de simples formules de politesse, des souvenirs historiques, certes importants, mais qui n'enlèvent rien à la dignité des autres évêques.
Traditionnellement, les Églises orthodoxes sont territoriales, concept qui n'a pas de caractère ethnique : les titulatures des évêques ne renvoient pas à des peuples mais à des lieux. Le premier concile de Nicée a affirmé ce principe déjà largement appliqué depuis les apôtres, qu'en un lieu donné, un évêque et un seul, est garant à la fois de l'unité et de la communion de tous les chrétiens du lieu ainsi que de l'unité et de la communion avec les Églises des autres lieux. Chaque Église locale, rassemblée autour de son évêque, est en communion avec les Églises des autres lieux. Par exemple, il n'y a pas d'Église « finnoise » mais une Église orthodoxe de Finlande qui rassemble les orthodoxes du lieu, qu'ils soient Finnois, Russes ou Suédois. De la même manière, il existe une Assemblée des évêques orthodoxes de France qui rassemble des paroisses de nationalités différentes : la paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris, créée en 1929 par des réfugiés politiques, lui est rattachée.