Ce Jour-là

Édouard Herriot

Homme d'État français

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Édouard Herriot, né le 5 juillet 1872 à Troyes (Aube) et mort le 26 mars 1957 à Saint-Genis-Laval (Rhône), est un académicien et homme d'État français. Membre du Parti radical, il est un personnage éminent de la IIIe République.

Figure centrale du Cartel des gauches, il est président du Conseil des ministres à trois reprises. Ardent défenseur du parlementarisme, il est notamment président de la Chambre des députés sous la IIIe République, puis président de l'Assemblée nationale sous la IVe République.

Il est aussi maire de Lyon pendant plus de 46 ans, de 1905 à 1940, puis de 1945 à sa mort.

En 1946, il est élu à l'Académie française.

Édouard Herriot naît le 5 juillet 1872 à Troyes, dans le département de l'Aube. Il est le fils de François-Nicolas Herriot, lieutenant d'infanterie, et de Jeanne-Eugénie Collon. Sa famille paternelle est d'origine vosgienne.

Il effectue ses études au collège Sainte-Barbe à Troyes, puis au lycée de La Roche-sur-Yon. À 15 ans, il obtient une bourse qui lui permet de poursuivre ses études au lycée Louis-le-Grand, à Paris, où il obtient en 1889 le baccalauréat avec la mention « très bien ». En 1891, après une khâgne dans ce même lycée, il est reçu dixième à l'École normale supérieure. En 1894, il est reçu major à l'agrégation de lettres. L'historien Jean-Noël Jeanneney évoquera à son égard la « culture légendaire d’un humaniste confirmé ».

En 1904, il soutient à Paris-Sorbonne une thèse principale de lettres Madame Récamier et ses amis, puis, en 1905, une thèse complémentaire, Un ouvrage inédit de Madame de Staël : les fragments d'écrits politiques (1799).

Jeune professeur agrégé, il est nommé au lycée de Nantes, puis au lycée de Lyon, où il enseigne dans une classe de rhétorique. Son premier ouvrage, Philon le Juif : essai sur l'école juive d'Alexandrie publié chez Hachette en 1898, est couronné par le prix Victor-Cousin de l'Académie des sciences morales et politiques.

Il s'engage dans l'affaire Dreyfus aux côtés d'Émile Zola et Anatole France, et fonde la section lyonnaise de la Ligue des droits de l'homme. Il s'affirme comme un orateur exceptionnel.

Le 28 octobre 1899, il épouse à Lyon Blanche Rebatel (1877-1962), fille du docteur Fleury Rebatel, président du Conseil général du Rhône. Cette union lui facilite son entrée en politique.

Entré au conseil municipal de Lyon en 1904, il devient adjoint, puis maire le 3 novembre 1905, succédant à Jean-Victor Augagneur, devenu gouverneur de Madagascar. Il reste maire jusqu'en 1957, avec une interruption sous l’Occupation.

Jusqu'en 1914, la gestion de Lyon sera la grande affaire d'Édouard Herriot : il fait construire des ponts sur la Saône et le Rhône, de nouveaux abattoirs ; il fait électrifier les services de la ville, instaure des bourses pour permettre aux meilleurs élèves du primaire d'entrer au lycée ; il fait construire un nouvel hôpital, transforme la propriété du Vernay en école de plein air pour lutter contre la tuberculose des enfants.

Le 1er septembre 1915, naît dans le 1er arrondissement de Lyon sa fille adultérine, la future Suzanne Bérard, déclarée née de parents inconnus sous le patronyme Collon (nom de la mère d'Herriot). Elle n'est reconnue que 27 ans plus tard, le 6 juin 1942, par sa mère Jeanne Marie Janin.

Le 12 décembre 1916, il obtient son premier poste ministériel comme ministre des Travaux publics, des Transports et du Ravitaillement, Marcel Sembat ayant dû quitter le gouvernement par suite de la pénurie de charbon. Herriot limoge immédiatement le directeur des mines du ministère, Paul Louis Weiss, accusé par l'opinion publique d'être responsable de la pénurie.

À l’automne 1922, il se rend en Russie soviétique, avec Édouard Daladier ; il éprouve de vives sympathies pour cet État. À la suite de sa visite, à la commune d'enfants no 1, il déclare : « Ces communistes sont des encyclopédistes comme les renaissants ». En 1924, il intervient personnellement auprès du préfet du Rhône pour éviter l'expulsion de l'anarchiste italien Sante Ferrini.

Chef du cartel des gauches et effacement (1924-1926)

Après que les élections législatives du 25 mai ont donné la majorité au Cartel des gauches dont il était le principal animateur, il provoque la démission du président Alexandre Millerand qui avait pris parti pour le Bloc national pendant la campagne électorale et avait affirmé son pouvoir en intervenant dans les fonctions du président du Conseil. Il est alors appelé à la présidence du Conseil par le nouveau président de la République, Gaston Doumergue.

Président du conseil, il annonce le 2 juin 1924 l’expulsion des congréganistes dont près de 10 000 étaient rentrés en France en 1914 pour se battre. Herriot veut introduire les lois laïques en Alsace-Lorraine et rompre les relations diplomatiques avec le Vatican, mais il se heurte à l'opposition du Sénat et au risque de velléités indépendantistes locales sur le premier point, et sur le second, il est désavoué par le Conseil d'État et la résistance populaire. La création de la ligue DRAC (Droits des religieux anciens combattants) l'empêche de prononcer une nouvelle expulsion des religieux français.

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