Ce Jour-là

Édith Cresson

Femme d'État française

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Édith Cresson, née Campion le 27 janvier 1934 à Boulogne-Billancourt, est une femme d'État française, Première ministre du 15 mai 1991 au 2 avril 1992.

Membre de la Convention des institutions républicaines (CIR) puis du Parti socialiste (PS), elle est députée européenne de 1979 à 1981, députée de la Vienne entre 1981 et 1993, maire de Châtellerault de 1983 à 1997.

Sous la présidence de François Mitterrand, elle est plusieurs fois ministre : de l’Agriculture (1981-1983, première femme à ce poste, ce qui suscite de nombreuses réticences dans la profession), du Commerce extérieur et du Tourisme (1983-1984), du Redéploiement industriel et du Commerce extérieur (1984-1986), des Affaires européennes (1988-1990).

Elle est nommée Première ministre en 1991, devenant la première femme chef de gouvernement en France. Rapidement devenue très impopulaire, elle est contrainte de quitter Matignon moins d'un an après sa nomination, étant le chef de gouvernement le plus éphémère de la Ve République jusqu'à Bernard Cazeneuve en 2016. Suite au décès d'Édouard Balladur le 31 août 2026, elle est devenue doyenne des Premiers ministres français.

De 1995 à 1999, elle est commissaire européenne à la Recherche, à l'Innovation et à la Science dans les commissions Santer et Marín.

Édith Jeanne Thérèse Campion naît à Boulogne-Billancourt le 27 janvier 1934. Son père, Gabriel Campion (1896-1959), est inspecteur des finances sympathisant de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Détaché à l'ambassade de France à Belgrade, il devient ensuite directeur des finances du Secours national puis président de la Société française de banque et de dépôts. Sa mère, Jacqueline Vignal (1907-2003), est issue d'un milieu aisé, fille d'un magistrat à la Cour des comptes, ancien chef du secrétariat particulier du ministre des Finances Maurice Rouvier, chevalier du Mérite agricole.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle étudie dans une pension de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), avec la messe à six heures du matin, tandis que l'eau est gelée l'hiver. La jeune fille se retrouve alors couverte d'abcès. Après la guerre, elle revient à Paris, où elle est éduquée par une nourrice anglaise et dans des institutions privées, dont l'établissement d'enseignement privé catholique Dupanloup. Dans le salon de ses parents défilent des personnalités comme Pierre de Gaulle ou la députée Irène de Lipkowski, qu'elle admire.

Elle est diplômée de l’école de Haut enseignement commercial pour les jeunes filles (HEC-JF, aujourd'hui fusionné avec HEC Paris, promotion 1954).

Édith Cresson est également titulaire d’une thèse de doctorat en démographie, soutenue en 1969, qui s'intitule La condition féminine dans une commune rurale. Elle entame ensuite une carrière d'ingénieure économique.

Elle épouse en 1959 Jacques Cresson, fils de Fortuné Cresson et directeur de l'exportation de Peugeot, avec lequel elle a deux filles.

Son éveil politique a lieu en 1953, lorsqu'elle entend Pierre Mendès France parler de la jeunesse.

Par l'entremise d'une camarade d'HEC-JF, Paulette Decraene, elle adhère à la Convention des institutions républicaines et participe à la première campagne présidentielle de François Mitterrand en 1965. Ayant suivi celui-ci au Parti socialiste (PS) en 1971, elle devient secrétaire nationale chargée de la Jeunesse et des Sports en 1974.

De 1975 à 1981, elle est membre du comité directeur du PS. Secrétaire nationale de ce parti en 1974, elle est chargée de la jeunesse et des étudiants.

Lors de l'élection partielle dans la deuxième circonscription de la Vienne en 1975, à la suite du décès de Robert Gourault, suppléant à l'Assemblée nationale du ministre de la Coopération et maire de Châtellerault Pierre Abelin, elle connaît sa première confrontation au suffrage universel. Elle est battue de quelques voix, mais devance le ministre giscardien de 80 voix dans sa ville.

En 1976, elle affronte de nouveau Pierre Abelin, président du conseil général de la Vienne, lors des élections cantonales de 1976 dans le canton de Châtellerault-Nord où il est implanté. Édith Cresson échoue de nouveau de quelques centaines de voix. Lors des élections municipales de 1977, elle est élue maire de Thuré, dans la banlieue châtelleraudaise. Quelques semaines après les élections municipales, Pierre Abelin décède et Édith Cresson se présente face à son fils Jean-Pierre Abelin lors de l'élection cantonale partielle dans le canton de Châtellerault-Nord mais une nouvelle fois elle perd de quelques centaines de voix. En 1978, la nouvelle maire de Thuré affronte toujours Jean-Pierre Abelin lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de la Vienne mais Édith Cresson échoue une nouvelle fois face à Jean-Pierre Abelin.

Elle est élue au Parlement européen en 1979, conservant son poste jusqu'en 1981. La victoire de François Mitterrand en 1981 permet cependant à la maire de Thuré de l'emporter lors des élections législatives et de devenir députée de la deuxième circonscription. Elle est réélue députée en 1986 et en 1988.

Premiers portefeuilles ministériels

Ancienne responsable des problèmes agricoles à la Convention des institutions républicaines, elle est la première femme à se voir confier le ministère de l'Agriculture dans le gouvernement Mauroy en 1981, ce qui est considéré par les dirigeants de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) comme une « véritable provocation ». Elle est très mal accueillie par le monde agricole et les agriculteurs, qui considèrent que la nomination d'une femme témoigne du « mépris » à leur égard, selon l'expression de François Guillaume alors président de la FNSEA ; des pancartes d'agriculteurs proclament en pleine rue « On t’espère meilleure au lit qu’au ministère ». « Finalement, j'étais bien à l'Agriculture puisque j'avais affaire à des porcs » plaisante-t-elle plus tard.

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Édith Cresson | World in Stories