Ce Jour-là

Économie planifiée

Plan fixant les objectifs de production annuelle ou pluriannuelle

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Une économie planifiée est une économie dirigée, généralement à l’échelle d’un État, au moyen d’un plan fixant les objectifs de production sur une période annuelle ou pluriannuelle. Autrement dit, elle désigne un mode d'organisation des entreprises qui se voient imposer des objectifs de production par un plan centralisé. Sa version bureaucratique et étatique caractérise les régimes communistes marxistes-léninistes jusqu'au début des années 1990. En tant que mécanisme de coordination pour l'économie socialiste, la planification économique se substitue aux facteurs du marché et est définie comme une attribution directe des ressources, en contraste avec le mécanisme de répartition indirecte du marché.

Il existe différents types de procédures de planification. Elle peut être démocratique ou non, selon les différents pays qui l'ont appliquée. Le niveau de centralisation de la prise de décision dans la planification dépend du type spécifique de mécanisme de planification employé. En tant que tel, on peut distinguer entre la planification centralisée et la planification décentralisée. Dans une économie centralement planifiée l'allocation des ressources est déterminée par un plan global de production qui spécifie les exigences de sortie. La planification peut aussi prendre la forme directive ou indicative. Des réflexions autour d'une planification socialiste cybernétique ont également été proposées.

La plupart des économies modernes sont des économies mixtes intégrant, à degrés divers, des éléments de marché et de la planification.

Planification économique socialiste

Les différentes formes de la planification économique ont été présentés dans divers modèles de socialisme. Elles vont de systèmes décentralisés de planification, qui sont basés sur la prise de décision collective et des informations ventilées, aux systèmes centralisés de planification menées par des experts techniques qui utilisent des données agrégées. Dans une économie pleinement développée de type socialiste, ingénieurs et spécialistes techniques, supervisés ou désignés de manière démocratique, seraient chargés de coordonner l'économie en termes d'unités physiques sans qu'un calcul financier soit nécessaire . L'économie de l'Union soviétique n'a jamais atteint ce stade de développement, de sorte que des termes financiers ont été utilisés pendant toute son existence. Néanmoins, un certain nombre de mesures alternatives ont été développées pour évaluer la performance des économies non financières en termes de production physique (ex: produit matériel par rapport au produit intérieur brut).

En général, les différents modèles de planification économique socialiste existent comme des constructions théoriques qui n'ont pas été pleinement mises en œuvre, en partie parce qu'ils dépendent de vastes changements à l'échelle mondiale. Dans le contexte de l'économie dominante, la « planification socialiste » se réfère généralement au modèle soviétique, qui peut être qualifié de socialisme ou de capitalisme d'État.

Dans certains modèles de socialisme, la planification économique remplace complètement le mécanisme de marché, censés rendre les relations monétaires et le système de prix obsolètes. Elle tend alors abolir le marché et la propriété privée. Dans d'autres modèles, la planification est utilisée en tant que complément au marché. Les régimes communistes ont établi les limites concernant la nature de l'économie planifiée et la tâche considérable qu'est de planifier la production et la distribution de millions de biens pour opérer une économie d'une société entière.

Réflexions autour d'une planification socialiste "cybernétique"

Le cyber-socialisme est un courant de pensée se centrant sur le lien possible entre la cybernétique et la pensée socialiste. Ce courant du socialisme s'intéresse ainsi aux questions liées à la planification et à la coordination, à la distribution, à la décision et à la communication des différents acteurs au sein d'une économie socialiste. Il étudie et réfléchit au rôle des intermédiaires dans le fonctionnement du système économique. Le cyber-socialisme souhaite ainsi contribuer à l'idée du socialisme souhaitant émanciper les individus au sein d'un système permettant la coordination consciente et volontaire des aspirations sociales, et d'une orientation économique basée sur la demande et les besoins. La cybernétique, selon Anton Brender, peut être définie ainsi : il s'agit d'une théorie des mécanismes de communication et de contrôle ; elle analyse les dispositifs par lesquels la réception d’une information (d’un « signal ») contrôle (« commande ») le régime d’une action et a un effet sur elle. La cybernétique économique, plus particulièrement, est « l’étude des dispositifs par lesquels est quotidiennement guidé le mouvement productif » ; son objet est l’analyse des mécanismes routiniers d’information et de décision qui interviennent chaque jour, et de façon apparemment automatique, dans une économie concrète. La cybernétique s'articule aussi autour du concept clé de la (boucle de) rétroaction (feedback en anglais).

Le socialisme cybernétique examine la possibilité de s'affranchir de l'économie de marché via l'ajout révolutionnaire, dans les rapports sociaux de production et les forces productives, d'outils et de techniques liés à la cybernétique, d'un nouveau type de planification et d'une réflexion sur la participation démocratique. Les questions et réponses autour du niveau de participation démocratique, de la centralisation ou de la décentralisation dans l'appareil cybernétique socialiste, de l'État et de la monnaie, varient selon les auteurs.

Une tentative d'expérience socialiste cybernétique peut se retrouver via le projet chilien Cybersyn (1970-1973) via un système où les travailleurs, au sein de conseils, pouvaient délibérer démocratiquement dans le domaine de la production. Le projet était de permettre d'instaurer un socialisme radicalement démocratique, où les ouvriers seraient véritablement les décideurs au sein de la production, se démarquant ainsi du régime soviétique. Le but est donc d'instaurer une forme de système d'auto-gestion à l'échelle d'un pays. Stafford Beer voulait qu'il y ait une transmission rapide des données économiques entre le gouvernement et les ateliers de production.

Dans l'économie soviétique du XXe siècle (principalement en URSS), le travail est souvent obligatoire.

La Chine populaire avait un système d'économie planifiée jusqu'en 1978. Depuis, son économie planifiée a été transformée en économie de marché socialiste. Ce concept permit de se défaire des conceptions qui avaient prévalu jusque-là, et selon lesquelles « l'économie planifiée est le socialisme ; et l'économie de marché, le capitalisme ». Dès 1992, le Parti communiste chinois a énoncé que « l'objectif de la réforme du système économique est d'établir un système d'économie de marché socialiste ».

Le plan quinquennal est un document de planification économique gouvernemental fixant des objectifs de production sur une période de cinq ans. Initialement utilisé en URSS depuis le Ier Plan (1928-1932) jusqu'au XIIIe Plan (1991), le plan quinquennal est ensuite apparu dans d'autres pays communistes comme la République populaire de Chine (où il existe toujours).

L'usage de plans quinquennaux, sous différentes formes, s’est aussi répandu dans les démocraties populaires et occidentales, dont la France, qui, via le Commissariat général du Plan, l'a utilisé jusqu’en 2005, ainsi que des pays comme le Canada ou le Maroc. Néanmoins, le système de planification du Commissariat Général du Plan était un système de planification économique indicative, et non coercitive comme c'était le cas en URSS. L'idée d'une planification "écologique et sociale" est relancée en 2020 par France Stratégie, dans la perspective du plan de relance post Covid-19.

Débat sur la possibilité de l'économie planifiée

La question de la « possibilité » de l'existence d'une économie planifiée a été une question majeure qui a animé le monde des économistes dans les années 1920-1930, alors que le premier régime se prétendant communiste se mettait en place en Russie. Pour l'économiste autrichien Ludwig von Mises, une économie planifiée est « impossible » car, en se privant du mécanisme des prix libres, les autorités planificatrices se privent de toute possibilité de calcul économique : « Privé de tout moyen de connaître la valeur relative des différents biens, le planificateur central en est réduit à décider de façon aveugle et, en un mot, « irrationnelle ». On ne peut dès lors parler d’« économie » planifiée, la planification est impossible. Certes le planificateur pourra toujours décider une répartition arbitraire mais elle ne sera fondée sur rien de rationnel. »

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