L'École nationale de la magistrature (ENM) est l'unique école de formation des magistrats de l'ordre judiciaire en France. Située dans le centre-ville de Bordeaux, elle est fondée en 1958 sous le nom de « Centre national d'études judiciaires ».
Sa mission est d'assurer le recrutement et la formation professionnelle des auditeurs de justice, ainsi que la formation continue des magistrats en poste.
Créée le 22 décembre 1958 sous le nom de « Centre national d'études judiciaires », l'École nationale de la magistrature a pris sa dénomination actuelle en 1970.
Le Centre national d’études judiciaires s’installe tout d’abord à Paris (place Vendôme au ministère de la Justice puis rue de la Faisanderie) et ensuite en 1960, par une décision significative de décentralisation à cette époque, à Bordeaux (17 cours Xavier Arnozan dans l’attente du nouveau bâtiment inauguré en 1972).
Durant les années 1970, le Syndicat de la magistrature exerce une influence prépondérante au sein de l'ENM. Alors qu'il se radicalise dans une idéologie fortement marquée par le marxisme, sa démarche pédagogique s'exerce au sein de la nouvelle école de magistrature.
En janvier 1989, Hubert Dalle, ancien secrétaire général du Syndicat de la magistrature, exerce la fonction de directeur de l'ENM.
Michel Dobkine dirige l'ENM d'octobre 2005 à mai 2007, date à laquelle il est nommé directeur de cabinet du garde des Sceaux, Rachida Dati.
De septembre 2007 à février 2012, Jean-François Thony est directeur de l'ENM. Il est chargé, en 2008, d'appliquer la réforme de l'école, conséquence notamment de l'affaire d'Outreau. Parmi les modifications de cette réforme se trouve la possibilité d'intégrer l’établissement par la voie parallèle, ce qui représente en 2011 40 % des recrues de l'ENM.
L'évolution à long terme depuis les années 1980 voit une très large féminisation des élèves de l'ENM : 81 % de femmes en 2012, 74 % en 2021. Cette proportion reflète la féminisation des études de droit dans la mesure où 70 % des étudiants licenciés en droit sont des femmes.
Par ailleurs, l'évolution de l'école passe aussi par une diversification des profils : environ 50 % des élèves magistrats sont désormais des professionnels en reconversion. L'âge moyen des promotions a ainsi grandement évolué passant de 25 ans en 2003 à 29 ans en 2022, promotion dont l'élève le plus âgé a 45 ans.
En butte aux critiques de certains hommes politiques tels Henri Guaino ou François Fillon qui affirment que l'ENM ne serait pas assez ouverte, son directeur de l'époque, Xavier Ronsin, souligne au contraire que l'ENM est une école « métiers » d'application du droit qui n'a pas d'approche politicienne des situations. Il affirme que « l'école n'est pas une fabrique à robots et souligne que l'école « ne façonne pas des personnalités qui, de toute façon, sont déjà matures à leur arrivée, puisque l'âge moyen est de 28 ans ».
En mai 2015, Christiane Taubira annonce la nomination d'Emmanuelle Perreux, ex-présidente du Syndicat de la magistrature, au poste de directrice adjointe de l’École nationale de la magistrature. Elle sera chargée du recrutement et de la formation des magistrats.
En 2016, Olivier Leurent, juge reconnu pour son expérience de président d'assises, est nommé directeur de l'école après avoir été sélectionné par un comité consultatif composé de personnalités issues des mondes judiciaire et universitaire. L'objectif de ce mode de sélection inédit était de renforcer la transparence dans la gouvernance de l'école.
Le 7 octobre 2020, Nathalie Roret, vice-bâtonnière de l'ordre du barreau de Paris, devient la première femme et le premier non-magistrat à prendre la direction de l'ENM.
En septembre 2025, suite à la présence, depuis deux ans, d’élèves portant des tenues à caractère religieux, notamment des voiles musulmans, Gérald Darmanin interdit les « tenues à connotation religieuse » à l’ENM. Cependant, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné affirme qu’aucun cas précis ne peut être cité et que le ministère a nuancé ses affirmations, évoquant des « manquements » constatés au sein de la prépa talents, dans la phase de préparation du concours extérieure à l’école.
L’École nationale de la magistrature est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du garde des sceaux, ministre de la justice. Son siège est à Bordeaux. L'ENM dispose également d’un établissement à Paris, sur l’Île de la Cité.
L’École est administrée par un conseil d’administration et dirigée par un directeur. Le président et le vice-président du conseil d'administration sont respectivement le Premier président et le procureur général de la Cour de cassation (respectivement Christophe Soulard et Rémy Heitz).
La loi organique portant statut de la magistrature (ordonnance no 58-1270 du 22 décembre) lui confie :