Ce Jour-là

Éclipse

Se produit lorsqu'un objet passe devant une source de lumière

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Une éclipse est l'occultation d'une source de lumière par un objet physique.

En astronomie, une éclipse est la disparition apparente (occultation) et temporaire, pour un observateur, de tout (éclipse totale) ou partie (éclipse partielle) d'un astre (une étoile comme le Soleil, une planète ou un satellite naturel comme la Lune) résultant de l'interposition d'un autre objet céleste soit entre cet astre et la source de lumière qui l'éclaire (éclipse vraie), soit entre cet astre et l'œil de l'observateur (éclipse apparente). La disparition de l'astre éclipsé, ou occulté, est son immersion ; sa réapparition est son émersion.

Il existe plusieurs sortes d'éclipses, notamment les éclipses de Lune et celles de Soleil, ces dernières étant plus rares. Cependant, ce phénomène reste très rare. Lorsque l'objet occultant a un diamètre angulaire nettement plus petit que celui de l'autre objet (sans qu'une limite précise ne soit réellement fixée), on parle plutôt de transit.

Le substantif féminin « éclipse » est un emprunt au latin impérial eclipsis (« éclipse »), substantif féminin lui-même emprunté au grec ἔκλειψις / ékleipsis (proprement « abandon, défection », d'où « éclipse »).

Dans le système Terre-Lune-Soleil

Au VIe siècle av. J.-C., Anaxagore qualifie l’éclipse « d'interpositions d’astres noirs, comme des nuages, à cours régulier ».

Le philosophe Empédocle a proposé, le premier en Occident, une explication correcte des éclipses de Soleil.

Au travers d'une littérature souvent sans grande rigueur scientifique, on lit que les Anciens auraient été capables de prédire des éclipses.

Les Chinois étaient censés avoir calculé le saros, période utilisée pour prédire les éclipses. Une légende chinoise veut qu'en l'an 2136 av. J.-C., les astrologues de la cour de l'empereur Chung K'ang, Hi et Ho, furent décapités par la suite d'une éclipse de Soleil non prédite.

On cite volontiers l'éclipse de Soleil du 28 mai 584 av. J.-C. qui aurait été prédite en date et heure par Thalès de Milet grâce à l'utilisation du saros chaldéen. En fait, on sait bien qu'Hérodote, qui rapporte cet évènement survenu cent ans avant sa naissance, est souvent peu fiable, quels que soient ses mérites par ailleurs, et qu'il relate volontiers des faits légendaires. Il ne parle d'ailleurs pas d'une prédiction pour une date précise, mais dit seulement que l'éclipse s'était produite au cours de l'année prévue. Il ne mentionne pas davantage le saros.

Quant au dit saros, il s'avère que, chez les Chaldéens, il n'était pas du tout lié aux éclipses : c'est Edmond Halley (1656-1742) qui a commis l'erreur de mal interpréter un texte ancien et de désigner par ce terme la période de dix-huit ans qui traduit une séquence de retour des éclipses. Celle de mai 584 av. J.-C., mentionnée ci-dessus, a bien eu lieu, mais il est tout à fait impossible que les astronomes de l'époque de Thalès aient eu les connaissances mathématiques et physiques leur permettant de la prédire. Les astronomes chaldéens de cette époque ne connaissaient que les mouvements moyens du Soleil (d'un point de vue géocentrique) et de la Lune, ce qui est très insuffisant pour une prédiction, et pouvaient tout au plus prévoir la possibilité d'une éclipse lunaire.

Quant aux Grecs, ils n'avaient alors qu'une connaissance très parcellaire de la science chaldéenne. Cette légende a la vie dure et concourt à mystifier tout ce qui touche à ces phénomènes. Les éclipses de Soleil, avec l'étroitesse de la bande que parcourt l'ombre, étaient tout à fait imprévisibles à l'époque de Thalès qui n'a, de toute façon, pas laissé d'écrits aussi précis.

Il faudra attendre la théorie des épicycles d'Hipparque (190 av. J.-C. à 120 av. J.-C.) et la création de tables astronomiques établies sur la base de cette théorie pour que des prédictions d'éclipses deviennent possibles. De telles tables sont présentes dans l'Almageste et dans les « Tables faciles » de Ptolémée (vers 140 apr. J.-C.), mais préexistaient, au moins en partie.

Phénomènes impressionnants, ils ont donné lieu à de nombreux mythes, chaque peuple y associant un animal céleste s'emparant de la Lune ou du Soleil au moment de l'éclipse : loup dans les mythologies germaniques ; dans les mythologies chinoises, dragon guettant le Soleil ou la Lune au voisinage des nœuds et les avalant lors de l'éclipse. Le terme « draconitique » ou celui plus ancien de « dracontique » (d'où le mois draconitique) vient du fait que le nœud ascendant et le nœud descendant étaient appelés « tête » et « queue » du Dragon.

Il existe pourtant des éclipses qui ont été associées à des évènements historiques. Ce sont essentiellement des éclipses de Lune, non nécessairement prévues, mais ayant parfois suscité des interprétations superstitieuses. On peut ainsi citer :

l'éclipse totale de Soleil observée à Jérusalem le 24 novembre 29, qui aurait été associée dans les récits des évangiles à la crucifixion du Christ, mais la recherche contemporaine aussi bien que les théologiens actuels voient généralement dans ce texte une association symbolique (l'obscurité symbolisant la mort avant que la résurrection n'annonce une nouvelle clarté) plutôt qu'historique. De fait, selon les Écritures, la Passion a eu lieu la veille de la Pâque juive, le 14 nissan, c'est-à-dire justement au moment de la pleine lune et non pas de la nouvelle lune et de plus, ce fut au début du printemps en non en fin d'automne. Cette éclipse solaire de l'an 29 à Jérusalem correspondrait plutôt à l'époque du début du ministère du Christ ;

dans la même visée symbolique, l'éclipse de Soleil du 29 juin 1033, rapportée par le moine bénédictin Sigebert de Gembloux, a pu être interprétée comme l'annonce de la fin du monde qui devait advenir pour le millénaire de la Passion du Christ ;

l'éclipse lunaire de la chute de Constantinople du 22 mai 1453, qui eut lieu durant le siège de la ville et juste une semaine avant sa chute ;

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