Åland (en suédois : /ˈoː.land/ ; en finnois : Ahvenanmaa) est une région de Finlande et la seule entité territoriale de ce pays à jouir d'un statut d'autonomie gouvernementale. Elle est constituée de l'archipel du même nom comprenant environ six mille cinq cents îles situées entre la Finlande et la Suède, à l'extrémité sud du golfe de Botnie. D'une superficie totale de 1 582,71 km2, l'archipel compte quatre-vingts îles habitées et une population de 30 654 habitants en 2024 avec une densité de 19 habitants/km2 (contre 29 886 en 2020). L'archipel est relié à la Finlande par une chaîne d'îlots alors que le golfe de Botnie le sépare plus nettement de la Suède.
Toponymie, étymologie et prononciation
Le nom finnois d'Åland est Ahvenanmaa. En français, les graphies alternatives Aland et Aaland sont utilisées pour éviter l'usage de la lettre å.
La forme longue d'Åland est en suédois Landskapet Åland et en finnois Ahvenanmaan maakunta, ce qui signifie littéralement « région d'Åland » dans les deux cas. Même si on parle parfois d'« État libre associé d'Åland » en français, cette traduction semble erronée puisque le réel statut de l'archipel est celui d'une région autonome.
La lettre ‹ å › retranscrit en suédois le phonème /oː/. Åland se prononce donc /ˈoːland/.
Le territoire d'Åland comprend plus de 6 500 îles et forme un archipel à l'extrémité méridionale du golfe de Botnie, en mer Baltique. Åland se situe à environ 29 kilomètres des côtes suédoises (depuis l'île de Signilskär) et 20 km des côtes finlandaises (depuis l'île de Norröna). L'île principale, Fasta Åland, compte environ 90 % des habitants et se trouve à l'ouest, à 49 kilomètres de la côte suédoise et 73 kilomètres des côtes finlandaises.
Åland est un groupe d'îles relativement plat. Le point culminant est l'Orrdalsklint, au nord de Fasta Åland, qui culmine à 129 mètres.
L'île Märket a la particularité d'être la seule île de l'archipel à être territorialement partagée entre la Finlande et la Suède.
L'archipel est constitué de roches datant du Protérozoïque, essentiellement de granite rose porphyroïde relativement altérable, majoritairement du type granite rapakivi.
Il s'agit en fait d'un batholite de granites dont le type varie d'une variété porphyroïde riche en quartz à la variété rapakivi, mais qui présente aussi quelques granites de type aplitique.
Ce batholite contient des roches magmatiques mafiques, plutoniques, sous forme d'inclusions ou en dykes. Ces roches appartiennent à une série dolérite, norite, anorthosite et monzodiorite, mises en place dans un contexte de divergence (ouverture d'un rift).
La théorie actuelle (2006) la plus répandue[réf. souhaitée] est la suivante : il y a 1,5 à 1,6 milliard d'années, la région aurait subi des phénomènes d'extension au cours desquels serait survenue une remontée de magma ultramafique à la faveur de failles listriques. Ce magma très chaud aurait fait fondre la croûte terrestre et se serait partiellement mélangé avec le magma granitique d'anatexie obtenu après cette fusion. Il en aurait résulté le batholite de granite rapaviki d'une part, et des filons ou inclusions de roches plutoniques mafiques d'autre part. Il y aurait eu de plus des phénomènes de différenciation du magma à l'origine de la création de l'anorthosite, résiduelle, et des monzodiorites, plus riches en silice et appauvries en minéraux ferro-magnésiens.
Cet ancien socle formé au Précambrien a été érodé par les glaciations du Pléistocène, en grande partie nettoyé par la mer dans le début de la période post-glaciaire, puis remonté à la surface sous l'effet d'un soulèvement par épirogenèse, conséquence de la fonte d'une masse considérable de glace. La répartition anarchique des îles est en partie due à l'absence, dans cette partie du socle précambrien, de roches métamorphiques orientées.
Les revêtements morainiques arrachés par les glaciers ont généralement été dispersés par les vagues à l'époque où la région était encore submergée. Très reconnaissables, ces débris ont été entraînés sur de longues distances. Il subsiste cependant, au centre et au sud de Fasta Åland, l'île principale, quelques groupes de drumlins. La surface des granites présente des striations laissées par l'érosion glaciaire qui, encore aujourd'hui, permettent de déterminer le sens de déplacement des glaciers du Pléistocène.
On trouve au centre de l'archipel une étendue d'eau quasi circulaire d'un diamètre de 9 km appelé Lumparn qui est la trace de l'impact d'une météorite.
En comparaison avec la Suède et la Finlande continentales, le climat d'Åland est modéré grâce à sa situation insulaire. La Baltique réchauffe en hiver les vents froids du nord-est et rafraichit en été les vents chauds du sud-est. Les précipitations annuelles moyennes sont de 551 mm, ce qui est moins élevé qu'en Suède ou en Finlande continentale.
La température annuelle moyenne est de 5,5 °C. La plus haute température jamais mesurée à Åland est de 31,3 °C et la plus basse de −32,4 °C. Les valeurs moyennes pour les différents mois de l'année, calculées d'après les relevés de 1971 à 2000, se trouvent dans le tableau ci-contre.
Åland appartient à la zone de végétation de la taïga. En plus des espèces dominantes de pins et d'épicéas, il y a également de nombreux feuillus, notamment des chênes, frênes, ormes, érables et tilleuls. De nombreuses sortes d'orchidées poussent sur ces îles, parmi lesquelles une cinquantaine d'espèces protégées.