L’Ásatrú est une religion du néopaganisme germanique ou précisément germanique du Nord dit aussi nordique ou scandinave. Elle tire la plupart de ses enseignements des sagas dites les sagas islandaises, dans l'Edda poétique et dans l'Edda de Snorri. Cette religion s'inscrit dans le mouvement reconstructionniste qui vise à faire revivre les religions ethniques polythéistes qui existaient avant l'arrivée des religions monothéistes.
Le mot Ásatrú signifie littéralement « foi ou croyance dans les Ases », en islandais moderne.
Selon le professeur Régis Boyer, le substantif trú proviendrait du vieux haut allemand, mais on retrouve en fait cette racine étymologique dans toutes les langues germaniques. Le mot islandais trú vient du vieux norrois trú, qui a également donné trúgv en féroïen, tro en norvégien bokmål, danois et suédois et qui vient lui-même du proto-germanique *trewwō, qui a donné l'allemand Treue, le français trêve, le gotique 𐍄𐍂𐌹𐌲𐌲𐍅𐌰 (triggwa), le vieil anglais trēow.
L'Ásatrú comporte deux familles de divinités : les Ases et les Vanes.
Les pratiquants de l’Ásatrú sont appelés Ásatrúar ou encore Ásatrúiste, qui constitue un pur néologisme, faute de terme plus approprié.
Le mot Ásatrú se traduit dans plusieurs langues : Asentreu (allemand), Anstrêve (français), Asatro (danois), Asatro (suédois), Åsatru (nynorsk).
Le mot "áss" (en vieux norrois) remonterait au gotique ans, renvoyant à l’idée de « poutre » (les représentations des divinités étant sculptées sur des poutres de bois.
Le mot áss a été introduit par les auteurs chrétiens évhéméristes, principalement par Snorri Sturluson, pour affirmer que les dieux dits païens immortels n’étaient en fait que de simples magiciens mortels venus d’Asie, dans le but d’éradiquer les croyances dites païennes (Trojumanna saga, saga des Troyens).
Beaucoup plus anciens que les Ases, les Vanes sont les puissances de la fertilité-fécondité autochtones des pays nordiques. Le culte des Vanes possède une origine matriarcale, car les peuples autochtones de Scandinavie (c’est-à-dire les peuples en place en Scandinavie avant l’arrivée des Indo-Européens) vouaient, croit-on, un culte à la Déesse Mère avant la christianisation.
Les peuples scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme.
Pour Régis Boyer, à la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et du roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnent le terme "Forn Siðr", expression signifiant « ancienne coutume » ou « ancienne pratique » en vieux norrois, pour désigner la religion originelle de ces peuples, ou religion nordique ancienne.
La Forn Siðr a été presque éradiquée à partir du XIIe siècle à la suite du prétendu incendie du temple de Gamla Uppsala en 1087 et à l’établissement de l'archevêché de Suède en 1164 au même endroit.
Selon l’auteur suédois Hans Gustav Otto Lidman (1910-1976), l’église « en bois debout » de Skaga, située dans le parc national de Tiveden (à environ 140 km à l’Ouest de Stockholm), serait un des derniers lieux de pratique du paganisme nordique. À trois reprises, cette dernière a été détruite, dont en 1826, à la suite de la pression du diocèse de Skaga qui voulut mettre fin à la controverse entourant l’utilisation d’un puits sacrificiel à proximité de l’église en question.
Après avoir eu peu, voire pas, de pratiquants durant des siècles, l’Ásatrú réapparut sous une forme organisée quoique rudimentaire, sous l’impulsion des romantiques tels qu’Erik Gustaf Geijer (1783-1847) et la société littéraire Götiska Förbundet, en Suède.
Le mot Ásatrú a été utilisé pour la première fois dans un opéra inachevé du compositeur norvégien Edvard Grieg en 1870 et dans un article du périodique islandais Fjallkonan en 1885.
Par la suite, des groupes organisés apparurent en Allemagne au début du XXe siècle avec la Germanische Glaubens-Gemeinschaft (c’est-à-dire la communauté de la foi germanique, en haut allemand moderne), une organisation fondée le 3 août 1913 par le peintre, écrivain, poète et professeur universitaire Ludwig Fahrenkrog.
La seconde renaissance de l’Ásatrú débuta à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. En 1973 le gouvernement islandais reconnaît l’Ásatrú comme une religion d’État officielle, principalement grâce aux efforts de Sveinbjörn Beinteinsson. Dans le même temps, aux États-Unis, Stephen McNallen, un officier de l’armée de terre américaine, lança l’édition d’un journal intitulé « The Runestone » et créa The Ásatrú Free Assembly renommée par la suite Ásatrú Folk Assembly.
Le 6 novembre 2003, la Société des Ases et des Vanes au Danemark, fondée en 1997 à Odense obtient du ministère des affaires religieuses le statut de religion reconnue. Elle rassemble des groupes locaux dans plusieurs régions du Danemark et compte autour de 800 fidèles[réf. nécessaire].