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Harriet Tubman

Harriet Tubman est née sous le nom d’Araminta « Minty » Ross, vers mars 1822 dans le comté

4 min20/06/2026
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Harriet Tubman est née sous le nom d’Araminta « Minty » Ross, vers mars 1822 dans le comté de Dorchester, dans l’État du Maryland, aux États-Unis. Ses parents, Harriet et Ben Ross, étaient réduits en esclavage, tout comme elle. Sa grand-mère maternelle, Modesty, était arrivée en Amérique à bord d’un navire négrier en provenance d’Afrique. La famille était divisée entre deux propriétaires distincts : sa mère appartenait à la famille Brodess, et son père à Anthony Thompson, qui devint plus tard le second mari de Mary Brodess. Comme c’était courant parmi les personnes réduites en esclavage aux États-Unis, ni la date exacte ni le lieu précis de sa naissance n’ont pu être déterminés avec certitude — les historiens hésitent entre 1820, 1822 et 1825 comme années possibles.

Dès sa plus tendre enfance, Harriet a vécu sous le joug brutal de l’esclavage. À l’âge de cinq ou six ans, elle fut louée comme nourrice pour une femme appelée « Miss Susan », avec pour obligation de bercer le berceau d’un bébé pendant son sommeil. Si l’enfant se réveillait et pleurait, elle était fouettée. En une seule journée, elle fut flagellée cinq fois avant le petit-déjeuner. Les cicatrices physiques et émotionnelles de ces années l’ont marquée à vie. Encore jeune, elle subit une grave blessure à la tête lorsqu’un esclavagiste lança un poids métallique lourd en direction d’un captif en fuite et la toucha accidentellement. Cette blessure provoqua des étourdissements, des douleurs intenses et des périodes de sommeil involontaire qui ne la quittèrent jamais. À partir de cet épisode, elle commença à avoir des visions et des rêves très vifs, qu’elle interpréta comme des messages de Dieu, renforçant une spiritualité méthodiste qui serait déterminante dans son parcours.

L’instinct de résistance de Harriet fut aussi forgé par sa mère. Lorsqu’un marchand de Géorgie tenta d’acheter Moses, le plus jeune fils de Rit, la mère de Harriet le cacha pendant un mois entier. Quand les propriétaires vinrent enfin dans la case pour emmener l’enfant de force, Rit déclara qu’elle briserait la tête de quiconque entrerait. La vente fut annulée. Pour Harriet, cette scène devint l’une des fondations de sa conviction que la résistance était possible et nécessaire.

En 1849, Harriet Tubman s’échappa pour Philadelphie. Mais la liberté individuelle ne lui suffisait pas. Elle retourna à plusieurs reprises dans le Maryland, guidant des membres de sa famille, des amis et des inconnus hors de portée de leurs maîtres. Au cours de 19 missions documentées, elle aida environ 300 personnes à s’échapper de l’esclavage grâce à un réseau clandestin d’activistes et de refuges connu sous le nom de *Underground Railroad*. Voyageant toujours de nuit, avec une extrême discrétion et sous la menace constante d’être capturée, elle ne perdit jamais un seul « passager », comme on appelait les personnes qu’elle conduisait. Les personnes réduites en esclavage la surnommèrent « Moïse », la libératrice. Après l’adoption du *Fugitive Slave Act* en 1850, qui obligeait les autorités du Nord à renvoyer les esclaves fugitifs, elle commença à conduire les réfugiés encore plus au nord, jusqu’au Canada, au-delà de la juridiction des lois américaines.

Harriet Tubman rencontra John Brown en 1858 et contribua à la planification et au recrutement de partisans pour l’attaque de Harpers Ferry en 1859. Lorsque la guerre de Sécession éclata, elle offrit ses talents à l’armée de l’Union, d’abord comme cuisinière et infirmière, puis comme éclaireuse armée et espionne. En juin 1863, elle mena l’assaut sur la rivière Combahee, en Caroline du Sud, devenant la première femme à commander une expédition armée aux États-Unis. L’opération libéra plus de 700 personnes réduites en esclavage en une seule nuit.

Après la fin de la guerre, Harriet s’installa à Auburn, dans l’État de New York, dans une propriété qu’elle avait acquise en 1859. Là, elle prit soin de ses parents âgés et continua à s’engager pour des causes sociales. Elle milita activement pour le mouvement en faveur du suffrage féminin, défendant publiquement le droit de vote des femmes, jusqu’à ce que sa santé l’empêche de poursuivre. Dans les dernières années de sa vie, elle fut admise dans un hospice pour personnes âgées afro-américaines qu’elle avait elle-même contribué à fonder des années auparavant. Elle mourut le 10 mars 1913 à Auburn, à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

L’héritage de Harriet Tubman dépasse toute frontière historique. Née dans les chaînes de l’esclavage, elle ne s’est pas seulement libérée, mais a consacré sa vie à en libérer des centaines d’autres, risquant sa propre existence à maintes reprises. Son courage, sa stratégie et sa dévotion inébranlable en ont fait l’un des plus grands symboles de résistance et d’humanité de l’histoire américaine, une figure qui continue d’inspirer des générations à travers le monde.

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