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Confédération de l'Équateur

La confédération de l'Équateur (en portugais : Confederação do Equador) est une révolte de

7 min01/01/2024
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Dans les premières années d'existence du Brésil indépendant, les tensions entre le pouvoir central impérial et les provinces du nord-est du pays donnèrent naissance à l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire politique brésilienne. La Confédération de l'Équateur, révolte sécessionniste de courte durée mais intense, révéla les profondes contradictions d'un Empire naissant qui prétendait à l'unité tout en imposant une centralisation jugée insupportable par ses marges.

Pour comprendre cet épisode, il faut remonter aux années qui précédèrent immédiatement l'indépendance du Brésil en 1822. La province de Pernambouc, dont la capitale Recife était l'un des ports les plus actifs du continent sud-américain, avait une longue tradition de résistance aux pouvoirs extérieurs. En 1817, elle avait déjà connu une révolution républicaine sévèrement réprimée. Parmi ses leaders se trouvaient deux hommes dont les destins allaient s'entremêler avec celui de la Confédération de l'Équateur : Manuel de Carvalho Pais de Andrade et Joaquim do Amor Divino Rabelo e Caneca, dit Frei Caneca. Tous deux républicains convaincus, ils avaient participé à la révolution de 1817 avant d'être graciés et d'accepter provisoirement le régime monarchique, espérant que celui-ci accorderait une réelle autonomie aux provinces.

La dissolution par l'empereur Pierre Ier de l'Assemblée constituante du Brésil en 1823 fut paradoxalement bien accueillie à Pernambouc, du moins dans un premier temps, car l'Assemblée était dominée par la faction de José Bonifácio de Andrada e Silva, rival politique des libéraux pernamboucanos. Mais la promulgation de la constitution impériale en 1824, qui instaurait un régime fortement centralisé sous l'autorité quasi absolue de l'empereur, les frustrait profondément. La province se trouva alors divisée entre une faction monarchique, dirigée par Francisco Paes Barreto que Pierre Ier avait nommé gouverneur, et une faction républicaine, conduite par Manuel de Carvalho Pais de Andrade.

La crise éclata le 13 décembre 1823, lorsque Paes Barreto démissionna sous la pression des libéraux, qui élurent illégalement à sa place Paes de Andrade. Ni l'empereur ni le gouvernement ne furent informés immédiatement de ce coup de force. Lorsqu'ils en prirent connaissance, ils exigèrent le retour de Paes Barreto, ce que les libéraux refusèrent avec véhémence. Les navires de guerre Niterói et Piranga, placés sous le commandement du capitaine britannique John Taylor, furent envoyés à Recife pour contraindre les libéraux à respecter la loi, sans succès.

Pierre Ier tenta d'éviter une escalade en nommant un nouveau gouverneur, José Carlos da Silva Ferrão Mayrink, originaire du Minas Gerais mais lié aux libéraux, qui devait servir d'entité neutre entre les deux factions. Mais les libéraux n'acceptèrent pas Mayrink et le forcèrent à retourner à Rio de Janeiro. Des rumeurs d'une grande attaque navale portugaise, dans un contexte où le Brésil était encore en guerre pour son indépendance complète, contraignirent simultanément John Taylor à quitter Recife.

Le 2 juillet 1824, un jour seulement après le départ de Taylor, Manuel Paes de Andrade annonça l'indépendance du Pernambouc. Il envoya des invitations aux provinces du nord et du nord-est à rejoindre le Pernambouc pour former la Confédération de l'Équateur. Ce nouvel État républicain prétendait regrouper les provinces du Grand Pará, du Maranhão, du Piauí, du Ceará, du Rio Grande do Norte, d'Alagoas, de Sergipe, de Paraíba, du Pernambuco et de Bahia. Mais dans les faits, seuls quelques villages du sud du Ceará et de Paraíba rejoignirent véritablement la révolte. Les autres provinces, pour diverses raisons politiques et économiques, restèrent fidèles à l'empire.

Dans le Ceará cependant, la situation prit une tournure plus sérieuse. Le gouverneur Pedro José da Costa Barros fut renversé et remplacé par le confédérationniste Tristão Gonçalves de Alencar Araripe, ce qui donna à la révolte une assise territoriale plus consistante. Les intellectuels qui soutenaient la rébellion — Frei Caneca, José da Natividade Saldanha et João Soares Lisboa, récemment rentrés d'exil à Buenos Aires — cherchaient avant tout à préserver les intérêts de la gentry qu'ils représentaient, une classe de grands propriétaires terriens hostiles à la centralisation impériale.

La répression ne tarda pas. L'empire brésilien mobilisa des forces navales et terrestres pour écraser la rébellion. Les troupes impériales débarquèrent au Pernambuco et au Ceará, et la résistance des confédérés, mal organisée et insuffisamment soutenue, s'effondra rapidement. Manuel Paes de Andrade dut fuir à l'étranger. Frei Caneca fut capturé, jugé et condamné à mort. Il fut fusillé en janvier 1825 au Recife, devenant l'un des martyrs de la cause républicaine et fédéraliste brésilienne. Tristão Gonçalves fut lui aussi capturé et tué dans des circonstances violentes.

La Confédération de l'Équateur laissa dans l'histoire du Brésil la mémoire d'une révolte écrasée mais fondatrice. Elle exprimait des aspirations fédéralistes et républicaines qui devaient finalement triompher en 1889, lors de la proclamation de la République et l'adoption d'un régime fédéral. Frei Caneca, en particulier, est resté dans la mémoire collective nordestine comme un symbole de résistance à l'oppression centralisatrice, un précurseur dont les idéaux mirent plus d'un demi-siècle à trouver leur réalisation politique complète.

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